espace de coworking pour avocat

Le coworking pour l’avocat est-il une bonne idée ?

On vante partout les mérites du coworking mais ce type de structure est-il pour autant adapté et souhaitable pour la profession d’avocat ?

Manque d’espace, nécessité d’un décloisonnement des salariés en entreprise… le coworking peut aussi correspondre à des attentes totalement différentes.

Il peut ainsi s’agir d’une ouverture à de plus grandes opportunités professionnelles ou d’une lutte contre l’isolement. Les lieux dédiés fleurissent dans les grandes agglomérations.

En 2009, le barreau de Paris a lancé une « pépinière » en plein cœur de Paris. Solution flexible à un tarif très raisonnable pour les avocats qui débutent, partants du principe que ceux qu’ils n’ont pas besoin d’un bureau à plein temps et ont nécessité de mutualiser les moyens.

A moyen terme, cette structure visait de développer des groupes de projets consistant à identifier un sujet de société qu’une approche juridique permet de traiter et de résoudre, de réunir un groupe de confrères experts, d’y adjoindre des compétences complémentaires et d’élaborer des solutions concrètes et de proposer l’ensemble à des clients. Il s’agit d’une nouvelle approche des centres d’affaires.

Sont-ils un facteur de croissance et d’épanouissement pour les avocats ?

Une réponse à la nécessaire mutation de votre profession ?

C’est un fait : les évolutions technologiques constituent une menace pour le modèle actuel des cabinets d’avocats. Parmi elles, les logiciels de justice prédictive (lien vers article ?) révolutionnent l’offre voire les méthodes de travail. Un rapport annonce même qu’ils remettraient en cause la moitié des tâches des avocats juniors selon une étude.

De même, l’accélération des échanges, la complexité des questions juridiques, la multiplicité des données et l’inflation réglementaire augmentent la pression sur le temps en imposant de faire toujours plus vite avec moins.

Enfin, la diminution du nombre des procédures et coût grandissant de l’accès à la justice risquent de mettre en péril nombre de praticiens.

Face à toutes ces modifications, l’avocat doit aujourd’hui s’adapter aux nouvelles méthodes de travail s’il veut survivre. A cet effet – et pour faciliter les échanges – les centres de coworking organisent des parties communes dans le but de faciliter les échanges et ainsi de réseauter sans effort. Le type d’entreprise hébergée est déterminant pour en bénéficier ou non.

Ainsi, en tant qu’avocat d’affaires, ce type de structure peut être aussi l’occasion de cotoyer une éventuelle clientèle à développer, notamment de jeunes entreprises en plein lancement.

Les principaux avantages liés au coworking

De plus en plus adopté par les entreprises et indépendants, le travail en coworking présente des avantages, parfois insoupçonnés, pour les cabinets d’avocats et propose une autre manière d’exercer la profession.

Flexibilité et économie substantielle

Les lieux dédiés proposent des horaires d’ouverture étendus et des délais de résiliation court. Il s’agit bien souvent de locations de bureaux avec un bail commercial, possiblement conclu en « 3-6-9 ». Possibilité est aussi offerte de changer son forfait à tout moment ou même – au sein d’un même centre – de changer de bureau pour s’agrandir notamment.

L’autre avantage non négligeable nous semble être l’économie réalisée. Les entreprises présentes dans les espaces de coworking partagent les coûts du loyer et autres frais relatifs à l’entretien du local commun.

Ces faibles coûts sont rendus possibles par la rotation des occupants, ce qui engendre un taux d’occupation plus élevé que de places disponibles.

L’économie de temps consacré à la gestion est elle aussi non négligeable. En effet, la gestion des charges communes est bien souvent chronophage et prend le pas sur le développement nécessaire à la bonne marche des affaires.

Echapper à l’isolement et créer des synergies ?

La communauté d’un centre d’affaires peut être associée à un engouement culturel, d’ambitions et de projets féconds. L’idée se voudrait de réhumaniser le travail de l’avocat et ainsi de l’apposer de plus de confraternité et de bienveillance dans l’intérêt de vos clients.

Les échanges au sein d’un espace de coworking donnent la possibilité aux avocats de s’enrichir mutuellement, de créer des synergies ou encore des associations de compétences.

Un arrêt de 2017 du Tribunal Fédéral de Genève avait exclu ce type de configuration aux avocats (Arrêt 2C_1084/2017). Les juges considéraient que les règles attachées à la profession ne permettaient pas à l’homme de loi d’intégrer ces nouveaux espaces. Il donnait aussi les clefs pour y répondre et des espaces dédiés répondent aujourd’hui à ces exigences.

Les principaux inconvénients liés au coworking

Si l’adoption d’un espace de coworking pour votre cabinet présente ainsi des avantages certains, ce mode de travail n’est cependant pas dénué d’inconvénients, soulevant un certain nombre de questionnements directement liés à la pratique du métier d’avocat.

Secret professionnel et règles déontologiques

L’essentiel des limites lié au coworking nous semble lié au secret professionnel et à la confidentialité des informations dont peut être en charge l’avocat. Le développement des équipes, le partage de la connaissance, l’intelligence collective et le travail collaboratif deviennent les mots d’ordre d’un cabinet visionnaire.

La profession doit s’intéresser à l’innovation – non seulement d’un point de vue technologique mais aussi économique, managériale et sociétale. C’est un préalable à la transformation nécessaire pour assurer la pérennité de la profession dans ce qu’elle a d’immuable : défendre et conseiller la personne au mieux.

Face à cet enjeu, l’avocat en situation de coworking devra tout mettre en œuvre pour garantir la confidentialité des échanges avec ses clients – que ce soit lors de conversations téléphoniques ou de réunions.

Sécurisation des données

Il vous sera aussi nécessaire de protéger vos données dans un cloud sécurisé, règle déontologique induite par le règlement nᵒ 2016/679 du R.G.P.D. Si vous êtes amené à utiliser le serveur dédié au coworking, vous devez donc vous assurer que celui-ci réponde aux conditions de sécurité.

La principale précaution à prendre est celle d’être le seul à avoir accès aux données. La même attention devra être portée aux dossiers et documents papier qui seront nécessairement mis sous clef ou en tout cas dans un endroit sécurisé.

On retiendra principalement qu’un avocat rencontrera des difficultés pour s’intégrer dans un espace de coworking standardisé. En amont, il doit absolument modifier sa manière de travailler et se digitaliser en se dotant des bons outils pour devenir un avocat nomade, tourné vers la transformation digitale. En effet, ces nouveaux endroits dédiés répondent à une nouvelle approche du travail et peuvent offrir de vraies synergies au sein desquelles l’homme de loi trouverait toute sa place.

Intéressé ou réticent à l’idée d’adopter le coworking pour votre cabinet d’avocat ? Laissez votre avis dans les commentaires !


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