Coût de l'installation d'un cabinet d'avocat

Combien coûte réellement l’installation d’un avocat ?

De l’opportunité de préparer un business plan jusqu’aux solutions économiques pour faciliter l’installation… nous avons passé en revue d’un point de vue comptable les différentes solutions et approches nécessaires à connaître s’agissant de l’installation d’un avocat.

Les bonnes questions à vous poser avant de vous installer

L’envie de vous installer est née alors que vous étiez avocat collaborateur. « La fleur au fusil », vous avez senti monter en vous une âme entrepreneuriale et souhaitez aujourd’hui vous jeter à l’eau en travaillant à votre compte.

Pendant plusieurs mois, il s’agit d’étudier le marché, l’offre, l’évolution de la profession, etc.

Vous devez aussi structurer cette réflexion en échangeant avec des confrères sur :

  • leur façon d’exercer et de se projeter, propres au choix de votre secteur ;
  • votre étude de marché ;
  • la définition de votre offre ;
  • et enfin de votre calendrier de développement. 

De la formalisation de votre projet d’entreprise à l’installation… il semblait qu’il n’y avait qu’un pas !

Vous avez donc axé votre énergie sur le développement de votre activité mais avez-vous songé réellement au coût que doit supporter un jeune avocat du fait de son installation ? 

Voyons ensemble quels sont les coûts et différentes solutions qui peuvent s’offrir à vous et ainsi vous permettre de voir s’il faut mettre en place un plan de financement. 

Ainsi exposé, quels sont les gros postes de dépenses indispensables à prévoir ? Nous exposerons dans un premier temps les frais fixes puis les frais facultatifs. Il est entendu que les coûts annoncés restent annoncés pour donner un ordre d’idée.

Installation de l’avocat : les frais fixes

Lorsque vous vous installez pour la première fois en tant qu’avocat, il existe des frais auxquels vous ne pourrez pas couper.

Les locaux pour votre cabinet

Son emplacement et sa configuration peuvent être déterminants pour ceux d’entre vous qui reçoivent en consultation. Dans ce cas, les locaux font partie intégrante de votre image de marque et chaque détail compte (accueil, parking privé, configuration fonctionnelle et moderne). 

En moyenne à Paris, pour obtenir un local central, il faut compter environ 1000 euros pour un bureau de 20 m2 avec parties communes à disposition mais vous pouvez tout à fait vous tourner vers des solutions de sous-location qui peuvent revenir à 300 euros par mois. 

Enfin, il existe des solutions de coworking adaptées au métier d’avocat. A cet effet, le Centre d’Affaires des Avocats de Paris (CAAD), offre des services partage de bureaux utiles à chaque avocat qui s’installe, partant ainsi du principe que les locaux seront au début inoccupés partiellement, faute de clientèle suffisante. Tout l’environnement est étudié pour permettre un démarrage optimal, vous pouvez notamment louer des salles de réunion s’il s’agit de recevoir votre clientèle.

Il s’agit aussi de pouvoir réseauter et ainsi développer votre clientèle dans les centres de coworking. Charge reste à l’entrepreneur de comprendre si ce modèle de coworking est pérenne si l’on a en tête un modèle d’entreprise fluide.  

Le mobilier et les équipements

Les moyens logistiques indispensables à posséder lors de son installation (équipement mobilier, numérique) : 

  • L’ensemble du mobilier peut coûter environ 1000 euros.
  • L’ensemble des équipements numériques comprend une imprimante scanner, un ordinateur portable et des fournitures coûte environ 1000 euros.
  • L’achat de la robe si elle est neuve coûte environ 500 euros.

Les cotisations

Les charges relatives à la retraite et maladie représentent environ 3000 euros par an.

Les cotisations auprès de l’Ordre et l’assurance responsabilité civile professionnelle dépendent de plusieurs facteurs notamment le chiffre d’affaires et nombre d’années d’exercice.

Plus d’informations sont disponibles sur le site de l’Ordre des avocats de votre rattachement (ici, celui de Paris).

Installation de l’avocat : les frais facultatifs

Aux frais fixes s’ajoutent un certain nombre de dépenses supplémentaires qui ne vont pas concerner tous les avocats. Elles sont cependant à prendre en considération au moment d’établir le budget de votre installation.

La gestion de votre comptabilité

Les services d’un expert-comptable – lorsqu’ils sont réalisés en ligne – sont généralement moins élevés que ceux réalisés auprès de cabinets d’experts-comptables traditionnels. Pour ainsi adhérer à une plateforme de gestion courante de la comptabilité d’une entreprise (déclaration de TVA, devis, factures, fiches de paie…), certains sites proposent une offre complète facturée qui avoisine 600 euros HT par an.

En parallèle, il faut bien prendre en considération que l’établissement d’un bilan annuel établi par un expert-comptable nécessite de budgeter en moyenne un supplément de 600 euros HT par an. 

Vos sources documentaires

L’abonnement à une base juridique peut coûter entre 120 euros et 600 euros mensuel. Les offres sont nombreuses et les legaltechs viennent révolutionner le marché traditionnel.

Votre communication digitale

La communication externe de votre cabinet peut représenter une sommes importante de votre budget si vous n’êtes pas vigilant. Elle comprend par exemple le référencement sur un site internet, l’achat de mot clés sur des moteurs de recherche, etc.

Il est difficile d’estimer le coût d’une telle communication, qui peut se situer entre 300 euros et monter jusqu’à plus de 30 000 euros annuel. La seule conception d’un site internet peut avoisiner 1000 euros. Pour réduire les coûts, vous pouvez cependant tout à fait réaliser votre site vous-même pour une centaine d’euros par an.

Une alternative intéressante au début de votre activité : les plateformes de mise en relation comme Justifit qui permettent de développer une clientèle ciblée et de qualité. 

La communication externe est certainement un poste de dépense qu’il faut relativiser. Certains avocats vont ainsi considérer que pour se démarquer et ainsi se développer, il faut nécessairement mettre en place une identité forte de marque.

Les efforts et investissements dans votre communication sur Internet va varier en fonction de votre budget et de vos ambitions.

Se donner les moyens de son installation

Pour que votre installation en tant qu’avocat se passe bien, nous vous conseillons quelques règles de base à prendre en compte. En effet, réussir votre installation, c’est avant tout vous donner les moyens d’y arriver.

Anticipez vos besoins

Anticiper au maximum serait le maître mot qui doit guider votre installation.

Vous devez aussi garder de la souplesse et accepter les prises de risque.

C’est un juste milieu à adopter qui nécessite d’avoir en amont bien fait mûrir son projet d’installation.

A cet effet, vous devez mettre au point la juste évaluation de vos honoraires qui tiendra compte d’un ensemble de paramètres. 

Mutualiser les coûts

Retenez également que si vous vous lancez seul(e), sans beaucoup de moyens ni clients, le développement de votre cabinet peut vite atteindre ses limites et demande une grande persévérance.

A l’inverse, si vous vous lancez en équipe et/ou avec une clientèle, il est possible de consentir des investissements et/ou mutualiser les coûts de fonctionnement.

Tout dépend de votre stratégie de développement, marché entrant, etc.

Nécessité d’une clientèle minimale

Idéalement, il est bon de se jeter à l’eau alors que vous avez réussi à acquérir une clientèle minimale, vous évitant ainsi l’angoisse du mois sans chiffre d’affaires.

L’existence d’une clientèle rend les choses plus faciles sur le plan économique sous l’éminente contrainte de préserver la qualité de la relation, la réactivité de nos interventions, de la satisfaire quelle que soient vos conditions de travail alors que vous êtes en plein lancement…  

En résumé, il s’agit de ne pas perdre des clients déjà acquis si la qualité de vos interventions et votre réactivité pâtit du fait du manque de temps.

Pensez entrepreneur avant de penser avocat

Vous l’aurez compris, le coût d’une installation dépend principalement de votre projet d’entreprise.

Ainsi, si vous vous lancez seul et sans moyens ni clients, le système peut vite atteindre ses limites et vous demandera une grande rigueur dans le développement de votre entreprise.

A l’inverse, si vous vous lancez en équipe et/ou avec une clientèle, vous pouvez plus facilement intégrer l’idée d’investir dans tel ou tel domaine.

La prise de risque se présente alors sous un autre angle et permet à certains de se faire plus confiance.

Vous devez absolument penser en tant que créateur d’entreprise, puis, en second lieu seulement, en tant qu’avocat.

Enfin, nous en profitons pour vous souhaiter le meilleur des lancements possible !

Vous avez rencontré des difficultés lors de votre première installation en tant qu’avocat ? Ou à l’inverse, vous avez mis en pratique de bonnes astuces pour réduire votre budget ? Témoignez dans les commentaires de l’article !


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